Miroirs d'Ambre de Denis Labbé

Publié le par Péléane Léana

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Citation : (Attention -16 ans)

 

« Je cois que c’est ce jour-là que j’ai commencé à opérer CarolineMélanieSophie qui est devenue CarolineMélanieSo. Sn premier tatouage. Sur la joue gauche. Là où il avait posé sa grosse ate puante et calleuse sur la mienne. Un scorpion. Enfin, c’est ce que j’avais voulu faire. Mais j’étais pas très douée en dessin. Alors en tatouage. Et avec une aiguille à broderie et de l’encre de stylo plume. Pas l’idéal.

À chaque attaque de l’embouteillé, je déversais toute ma haine sur elle. Elle a eu droit à une guêpe derrière la nuque. Un serpent le long de l’avant-bras gauche. Des oursins à l’intérieur des cuisses. Puis, après ma première fugue, j’ai découvert les piercings. Je lui ai fait le bout des seins anvec une aiguille à tricoter. Parce qu’un jour il avait découvert que les miens commençaient à pousser.

(…) pour finir par n’être plus que Caro, a poupée tatouée, piercée, scarifiée, métamorphosée en Tetsuo de tissus et de plastiques. »

Plastic Doll

 

Résumé de l’éditeur :

 

« Une adolescente accompagnée dans sa fugue par sa poupée. Un enfant hyperactif transformé en zombie par des médicaments et un autre qui rêve grâce à une ardoise.
Un prêtre tentant d’empêcher la destruction de la France et un templier qui a pour mission de faire échouer un voyage vers la lune. D’étranges êtres émaciés apparaissant dans un jardin et des androïdes de sève et de chair cherchant l’émancipation...

Ces récits, souvent mordants, parfois grinçants, sont autant d’études de l’âme humaine et des travers de notre société. Passant du fantastique baroque à la terreur moderne, de l’uchronie à une anticipation humaniste, l’auteur place un miroir devant les yeux du lecteur afin qu’il saisisse ce qui se passe derrière son dos... »

 

Ma chronique :

 

Un nouveau livre des éditions Lokomodo que j'ai reçu en partenariat avec la maison d'édition et Histoire de Roman. Merci beaucoup à eux deux pour une nouvelle belle découverte.

 

J'ai connu le style de Denis Labbé il y a plus d'un an avec le recueil Marelle d'ombres que je n'ai pas pu lire pour un trop gros nombre de descriptions. Du coup, j'ai été très étonné de trouver une grosse différence de style entre ces deux livres. La plume de l'auteur est ici très efficace, rehaussée par un rythme et une dynamique quasiment tout le temps rapides, vifs, et prononcés. Cependant, comme dans tous les recueils de nouvelles, certains textes ont une écriture différente des autres. En grande majorité, Denis Labbé fait en sorte que le lecteur ne s’ennuie pas en lisant ses histoires (bien sûr cela dépend de si l'intrigue plaît ou non, suivant les goûts de chacun). Son écriture est très simple et fluide. Ses textes étant très courts, tout se lit très vite, peut-être parfois trop vite. Mais du coup, il est ici offert au lecteur plusieurs textes dont les mots glissent facilement. Et pourtant et très étonnamment, il n'y a quasiment pas de dialogues dans ces nouvelles, mais que de la description efficace. Vous trouverez, sur les 16 nouvelles inclus, seulement 7 qui ont des dialogues, et encore 4 sur 7 ne possèdent qu'une phrase parlé. C'est un style très intéressant à lire, autant pour de simples lecteurs que pour des lecteurs auteurs. Un autre point qui fait que les histoires se lisent très vite : la moitié des nouvelles sont écrites à la première personne et l'autre moitié à la troisième. Dans les deux cas, le style est direct et le lecteur reste très proche des personnages principaux. Sinon je n’ai pas trouvé de répétitions, ni de mots de vocabulaire trop compliqués.

Pour ce qui est de la mise en page, avant chaque nouvelle, Denis Labbé nous laisse une petite signature qui explique ce que ça lui a fait d’écrire cette histoire, ou ce qu’est la nouvelle qui suit. Même si c’est très sympa d’avoir un mot de l’auteur à chaque fois, je dois avouer que parfois je n’ai pas forcément compris le rapport entre ce qu’il dit et les histoires. Et j’ai même était en désaccord avec lui lorsqu’il parle du public visé (Cf : La tour).



Pour ce qui est des histoires, les intrigues sont pour la plupart bien préparées. Pas forcément originales, mais intéressantes. j’ai eu une grosse surprise pour Plastic Doll qui est une histoire qui a tout pour elle : autant dans l’écriture que dans l’intrigue que dans l’ambiance qui en ressort. C’est d’ailleurs la meilleure nouvelle pour l’ambiance qui en ressort, ou même la meilleure nouvelle tout court. J’ai été très étonné de ressentir autant de peine, de dégoût, de malaise tout en adorant l’histoire qui en ressort si belle ! De même pour Un peu de poussière sur tes lèvres et Encore un comprimé mon garçon qui sont deux nouvelles que j’ai bien aimé et qui sont hyper spéciales. Elles sont prenantes, étonnantes et agrippantes. Par contre, les intrigues de Le banquet, Frappes préventives et La voie d’Amaterasu sont inintéressantes. C’est soit vide, soit les personnages n’ont pas de profondeurs, soit l’histoire est tout simplement mal tournée. On ne ressent rien, et surtout les fins sont sans intérêts. D’ailleurs, parlons-en des fins de certaines nouvelles car elle valent le coup pour la plupart. Tout simplement parce qu’elles sont parfaites même si on n’y comprends rien ou qu’elles n’expliquent rien. Mais du coup, l’imagination des lecteurs entre en compte et c’est super ! Je parle ici de Plastic Doll, Un peu de poussière sur tes lèvres, L’enjôleuse joggeuse, L’ardoise, qui sont les quatre nouvelles dont les fins sont les meilleurs.

Par contre, je dois pouvoir affirmer que Denis Labbé déteste faire mourir ses personnages ! Sérieusement, quand un héros à toutes les chances de mourir, qu’il ne peut lui arriver que ça, l’auteur le laisse quand même en vie alors que tout prouve le contraire. *SPOILER* Dans L’enjôleuse joggeuse, vu que le gars à vu tout ce qu’il s’est passé, il ne peut que mourir ! Eh ben non ! Il ne lui arrive absolument rien ! *SPOILER* Les héros meurent seulement dans 2 nouvelles sur les16 ! C’est intéressant comme façon de voir les choses, mais alors, qu’est-ce que c’est frustrant !

D’ailleurs, les personnages principaux de Plastic Doll, L’ardoise, L’œuf de Malachite, La lune mord la queue du chat... et le chat s’en foutet Encore un comprimé mon garçonsont vraiment envoûtants. On a soit envie de les aimer de tout notre cœur, de les aider, soit envie de les détester au point de les tuer ! Les autre héros sont soit banaux, soit plats.

Petit commentaire juste pour dire que ce titre, La lune mord la queue du chat... et le chat s’en fout, est très original et vraiment improbable. Mais malheureusement, il correspond pas forcément au texte. Texte qui devrait être travaillé pour un roman, car il serait beaucoup plus intéressant qu’en nouvelle.

Une dernière chose, on trouve dans beaucoup d’histoire de rappels de culture général : un petit mot sur Le Horla, les Giacomettis, la boîte de Pandore, Gustave Eiffel (d’ailleurs, c’est vraiment bien trouver ce « rappel »), et j’en passe.

 

En conclusion, c’est un bon recueil de nouvelles, mais j’aurais aimé qu’il y en ai moins et que les histoires soient un peu plus travaillées pour certaines. Je vous conseille surtout, vous l’aurez deviné Plastic Dollqui est LA nouvelle de ce recueil. Achetez ce lire juste pour cette histoire si vous hésitez encore ^^.

 

Des qualificatifs ? Sympathique

Publié dans Nouvelles

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Luna 01/09/2013 15:56

Il a l'air pas mal...

Péléane Léana 01/09/2013 19:43



Oui, pas mal est le mot ^^